14.12.2007

Américanisme de grand-père

Réponse à une chronique de Denis Tillinac.

Paul-Marie Coûteaux écrivain, député européen, le 14-12-2007, dans Valeurs Actuelles
Le rêve des familles françaises, c’est que les jeunes aillent étudier dans les universités américaines ; quand nous allons au cinéma, c’est pour voir des films américains ; quand nous ouvrons nos radios, c’est pour écouter de la musique américaine, etc. Ces propos tenus par M. Sarkozy à New York en octobre 2004 ne sont pas tout à fait faux – simplement un peu caricaturaux. Le plus contestable, à mon sens, est que celui qui n’était alors que prétendant virtuel à la présidence de la République entendait que l’on se réjouisse de cet état de choses ; ainsi, à sa suite, M. Denis Tillinac, dans un “Vu de ma fenêtre” dans lequel il me prend tout à trac à partie sous un titre peu amène « Antiaméricanisme de cousin pauvre » (Valeurs actuelles du 16 novembre), stigmatisant dans la foulée ces « souverainistes venus du royalisme ou du marxisme » et désormais « convertis à une sorte de gaullisme posthume qui ne fait pas dans la nuance ».

Pour ce qui est des nuances, justement, j’objecterai que je n’ai jamais prêché quelque antiaméricanisme que ce soit : d’une part parce que ce mot devrait sortir de notre vocabulaire (on ne saurait stigmatiser ou aduler tout un continent) ; ensuite parce que j’ai de la sympathie pour un peuple vaillant au milieu duquel j’ai passé les meilleures années de ma vie ; enfin, ce que je stigmatise, c’est d’abord l’excès, et même l’aveuglement de la politique impériale, d’où qu’elle vienne et en elle-même – et non point du tout un peuple, lequel est d’ailleurs le premier à en souffrir.

On peut aimer les empires, qui fascinent toujours les amis de la force ; mais l’histoire montre que, nés dans la violence, nourris par la prédation et la négation des autres, et bientôt entraînés par une spirale d’affrontements où ils s’abîment tôt ou tard, ils rompent brutalement non point avec l’équilibre du monde, qui n’existe pas, du moins avec le souci d’en établir un tant soit peu respectueux de la diversité des civilisations, qui, elle, ressort bien d’une certaine nature du monde ; c’est ce souci-là qui prédispose à la paix – c’est d’ailleurs la seule grandeur du politique.

Si la mondialisation devait par malheur se confondre avec l’américanisation du monde, si notre nation, emblématique pour tant d’autres, devait renoncer à faire valoir sa civilisation propre, sa langue propre, ses principes et sa diplomatie propres, si elle devait en un mot renoncer à toute souveraineté, laquelle est d’abord politique mais également économique et culturelle (tout ce à quoi hélas MM. Sarkozy et Tillinac semblent disposés), je ne crois pas que nous rendrions service ni à la paix ni au peuple étatsunien. Celui-ci commence d’ailleurs à comprendre qu’il serait la première victime d’un monde devenu uniforme et morne ou, par contrecoup, rebelle et violent.

Chaque nation et chaque civilisation ont une responsabilité vis-à-vis d’elles-mêmes pour ce qu’elles portent de singulier, non point seulement au regard de leur intérêt propre et de leur héritage propre mais aussi et avant tout au regard de cette diversité du monde qui en fait la plus précieuse saveur et finalement pour rendre aussi humains que possible nos séjours sur la terre. « Ce que chacun peut apporter de meilleur au monde, c’est lui-même », écrivit un jour Paul Claudel, souvent repris par un de Gaulle qui retrouva ainsi l’un des sens les plus féconds de la mission particulière de la France.

C’est cette idée-là que j’entends poursuivre, d’une part dans le cadre européen sur lequel m’interpelle M. Tillinac à la suite d’une fortuite rencontre chez Lipp, une Europe dont la dérive m’inquiète en effet et pour la France et pour l’Europe elle-même ; une idée qu’il faut faire vivre aussi contre tout empire quel qu’il soit venu de l’ouest, de l’est ou du sud comme la France eut à s’y opposer souvent au cours de son histoire – et encore récemment lors de la terrible invasion de l’Irak, par la bouche de M. Chirac que M. Tillinac avait d’ailleurs suivi, me semble-t-il, en son temps.

Nous ne sommes pas toujours en désaccord : ainsi je sais gré à l’ami Tillinac de parler, dans la même tribune, de “l’Occupation” pour désigner une période que l’on a si fâcheusement pris l’habitude de nommer “Vichy”, ou lorsqu’il stigmatise le croissant réflexe de “quotas” – réflexe d’ailleurs venu lui-même d’outre-Atlantique… Ajoutons enfin ceci, qui est évident et que l’on néglige pourtant : un peuple obnubilé par le modèle d’un autre au point de vouloir lui ressembler finit par perdre conscience de lui-même, de ses principes et finalement de ses intérêts propres ; il ne se repère plus dans le monde, est incapable d’intégration, et se place de lui-même à la merci de tout conquérant d’où qu’il vienne, lequel dès lors ne rencontre plus guère de résistance et peut le subvertir aisément…

Dernier ouvrage paru : Être et parler français, Perrin, 2006.

11.12.2007

Humanitaire : une expérience de coopération décentralisée

5b9b2646585cb79f1dbb74f8ad053228.jpgNous avons déjà évoqué à plusieurs reprises sur ce blog la politique de codéveloppement décentralisé, initiée par le Conseil Général de Vendée et son président Philippe de Villiers, en particulier au Bénin. (Lire le dossier ICI )

Des collègues du lycée Turgot de Roubaix nous informent de leur projet lancé en mai 2002 avec leurs élèves électriciens : installer des capteurs solaires au Mali !

L'intérêt de ce projet réside dans le fait que les membres de SOLEIL POUR KOULOUN souhaitent former la population locale.

Une excellente initiative qui a le mérite de s'attaquer aux causes de l'immigration en Europe et qui propose des solutions à long terme pour aider l'Afrique à se relever.

Toutes nos félicitations à cette équipe, qui contribue par ses actions, au rayonnement de la France et de ses valeurs généreuses !

07.12.2007

Du respect pour la France

9d90c32959394f47d2300bf28b3717ec.jpgLe dernier numéro de l'Etincelle Etudiante est en ligne. Le journal patriote inter-campus propose l'article fort intéressant d'un étudiant français d'origine espagnole. Des propos exemplaires que nous reproduisons ici intégralement :

Un de nos lecteurs, d'origine espagnol, nous livre le témoignage de sa propre famille qui a émigré en France il y a 40 ans. Un exemple qui devrait être médité par chaque français car il nous renvoit à notre identité nationale.

Qu'est ce qu'être français aujourd'hui ? Détenir simplement la carte d'identité française ? Peut-être bien pour certains... Malheureusement. Et pourtant, être français c'est tellement plus beau, tellement plus grand. C'est d'abord une fierté. Et c'est justement cette fierté qui se perd aujourd'hui. La propagation d'une certaine haine de la France et l'absence totale d'intégration dans nos banlieues en est l'illustration la plus palpable.

Ma famille est l'exemple type d'une assimilation réussie. Je suis d'origine espagnole. Mes grands-parents ont émigré en France dans les année 60. A partir de ce moment, mon grand-père a décidé de s'assimiler : il n'était plus espagnol, il était français. Interdiction de parler espagnol à la maison. Mon père est né en France et ne sait parler que français. Il n'y a plus que notre nom qui soit espagnol.

Moi, quand on me demande ma nationalité, je réponds avec fierté : « Je suis Français ».

La France est mon pays et le restera pour toujours. Je suis prêt à défendre ma patrie; quand la marseillaise retentit je me lève et je chante; un drapeau tapisse ma chambre. Des gestes simples et symboliques qui devraient susciter l'enthousiasme chez chaque jeune français.

Je peux comprendre que certains ne se sentent pas l'âme de grands patriotes. Mais, il y a des devoirs minima. A commencer par le respect des valeurs du pays d'accueil. Ce que je trouve inadmissible, ce sont ces personnes qui sont nées en France et qui se permettent de renier le fait même d'être français. Vous savez, ces personnes qui sifflent la marseillaise pendant les matchs de football. C'est une insulte pour nous, français dans nos coeurs. S'ils ne se sentent pas français et qu'en plus ils ne respectent pas les valeurs de la France, on peut légitimement se demander pourquoi ils s'entêtent à rester sur notre territoire. Pourquoi ces personnes ne rentrent-elles pas dans le pays qui leur tient tant à coeur ? J'ai moi-même vécu plusieurs années à l'étranger et je n'ai jamais renié mon appartenance à la France. Mais jamais je ne me serais permis de manquer de respect à l'égard du pays qui m'a accueilli pendant tant d'années.

Voila ce que je demande : du respect pour la France, du respect pour le pays qui a accueilli vos parents, du respect pour le pays qui vous a vus naître et qui vous a élevés. On ne demande pas à chacun de crier sur tous les toits son patriotisme, mais simplement un profond respect.

Vive la France !

LORDEN MENEORA (Evry)


Pour télécharger le numéro de L'étincelle Etudiante dans son intégralité au format PDF pour le lire, l'imprimer et le transférer à vos amis cliquez ici.

06.12.2007

Le Puy du Fou : un hymne à la France

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 En 2007 et 2008, l'association du Puy du Fou marque les 30 ans de la Cinéscénie, véritable film vivant de plein air, plus grand spectacle de nuit au monde, créé par le jeune étudiant Philippe de Villiers, le 3 décembre 1977 devant mille personnes. La Cinéscénie est animée par 3.150 bénévoles, devenus de véritables professionnels du spectacle, et racontée par les plus grandes voix du cinéma français. Saluée aujourd'hui comme une réussite mondiale, 1,2 million de visiteurs s'y pressent chaque année !
Le vendredi 29 juin 2007, pour ouvrir cet anniversaire, avait lieu une grande soirée humanitaire. Le Puy du Fou a en effet permis depuis 20 ans la distribution de plus de deux millions d'euros de dons à de nombreuses associations humanitaires.
L'alliance de la modernité et de la tradition, des hommes et de la technologie, du passé et du présent... pour se projeter dans l'avenir !
Un seul message :
Cultivons nos racines !


01.12.2007

Finkielkraut : "La France n'est pas une auberge espagnole ! "

07.11.2007

Pourquoi obéissons-nous ?

236b292962975871633280b820b0ab7c.jpgPaul-Marie Coûteaux écrivain, député européen, publié le 02-11-2007 dans Valeurs Actuelles
S’est-on assez interrogé sur cette incongruité : quand, en voiture, un bonhomme nous hèle et fait signe de nous arrêter, nous ne le faisons en général pas, sauf s’il est en uniforme et porte ­casquette, en somme si nous reconnaissons en lui un agent de ­­police ; de même quand une feuille d’impôts nous est adressée, nous nous exécutons seulement parce qu’elle porte l’enseigne de la République française. Certes, se dérober exposerait à de désagréables poursuites ; mais, si la majorité de nos congénères refusaient d’obéir, les “autorités” seraient vite débordées et les poursuites inopérantes ; en réalité, si nous obtempérons, c’est que nous reconnaissons auxdites “autorités” une légitimité suffisante, autorité qui est d’abord morale : auctoritas avant d’être potestas.

Une légitimité suffisante est la condition de toute puissance publique, et finalement de tout ordre public.

Or la légitimité est beaucoup plus fragile qu’on ne le croit, d’autant que nous ne nous en préoccupons guère, comme si elle allait de soi ; c’est, hélas, de moins en moins vrai aujourd’hui, au point que ses fondements se lézardent, remettant gravement en question l’idée même d’un ordre public. On ne peut le comprendre sans un court retour historique. Si l’État parvint peu à peu à asseoir son autorité, de dynasties en républiques, c’est parce qu’il sut opposer un ordre reconnu comme acceptable, un Bien commun, aux innombrables puissances de fait : féodalités à l’intérieur, hégémonies à l’extérieur : l’image d’Épinal (Philippe Auguste pourfendant l’ennemi à Bouvines, saint Louis sous son chêne rendant justice aux pauvres contre les exactions des féodaux…) ne fait que symboliser les innombrables figures d’un État qui n’est État que parce qu’il est souverain, qu’il n’est nulle puissance au-dessus de lui, et qu’il protège les plus faibles con­tre la force. Dans les désordres sans nom que provoquèrent, au début du XVe siècle, l’occupation anglaise et la folie du roi, Jeanne ne fut que la figure emblématique d’un peuple qui a besoin de son roi, et va le chercher…

Est légitime, en somme, qui est souverain, et si la Ve République put mener une œuvre de redressement durable, portant de nouveau la France au premier rang des nations, c’est qu’elle sut tendre les deux ressorts principaux de la souveraineté : l’élection du président de la République au suffrage universel direct renoua la vieille alliance du roi et du peuple contre les féodalités modernes, puissances économiques et financières, partis, syndicats et autres, tandis que la politique d’indépendance nationale sut tenir en respect les hégémonies extérieures, l’homme du 18-Juin ne s’en laissant compter ni par Washington, ni par Moscou, ni par une Commission supranationale et ses cabris : l’ordre n’était reconnu comme juste que parce qu’il incarnait un Bien commun, une res publica, sur laquelle aucune puissance ne pouvait empiéter.

Las, près d’un demi-siècle après sa restauration, les ressorts de la République, en somme les fondements de la légitimité, sont dangereusement distendus : en affichant en toutes occasions sa solidarité avec les magnats, ses amis du Fouquet’s, M. Bolloré et son yacht, M. Lagardère appelé « petit frère », en s’engageant lui-même dans des négociations avec les féodalités syndicales que l’on découvre fort liées aux féodalités patronales, M. Sarkozy rompt l’alliance du roi et du peuple. En avalisant la relance de la supranationalité européenne, et un “nouveau traité” qui, de l’avis général, ne fait que reprendre la Constitution Giscard (« La substance de la Constitution est maintenue, c’est un fait », s’est écriée en juillet Mme Merkel ; « Nous n’avons pas abandonné un seul point essentiel de la Constitution », s’émerveilla M. Zapatero après Lisbonne, etc.), M. Sarkozy fait plus grave encore : non seulement il consent que les neuf dixièmes de la décision politique, y compris dans les domaines régaliens, soient confiés à un cénacle statuant à la majorité, où la France ne pèse plus même 10 % des voix, mais, pire, il s’assoit sur la source la plus indiscutable de la légitimité, le suffrage universel, si nettement exprimé voici deux ans par un référendum dont chacun avait pourtant reconnu le résultat indiscutable.

Que ne le voit-il pas ? C’est sa légitimité, et celle de son gouvernement, que M. Sarkozy fragilise ainsi, au risque de remettre en question celle de l’État et, finalement, tout ordre public. Or, celui-ci est un tout : l’autorité du gendarme ou du percepteur ne peut s’adosser qu’à la reconnaissance d’un ordre juste ; que celle-ci disparaisse, qu’il s’ensuive une crise morale sans précédent, et c’en sera fini de l’application de toute règle publique, de toute loi (on en voit déjà tant privées de toute application), de toute paix publique. C’en sera fini de la République.

26.10.2007

Notre langue est notre liberté

7b28063599358624be8558bce3bcc448.jpgVoici quelques très jolies lignes de Fabrice Madouas trouvées sur le blog de Valeurs Actuelles :

"J’ai acheté hier, à ma fille, Les Contes du lundi, d’Alphonse Daudet, dans la Bibliothèque verte. Elle a 8 ans, apprend à aimer le français, à jouer avec ses mots, à cultiver ses nuances et sa rigueur : l’accord si délicat de ses participes, la conjugaison parfois abracadabrantesque de ses verbes, la grammaire que l’on apprend à cet âge, et dont Erik Orsenna nous dit qu’elle est “une chanson douce”. Il y a, parmi ces récits, La dernière classe, où Daudet raconte le dernier cours de français dispensé par un instituteur alsacien, M. Hamel, à ses petits élèves, avant qu’un Prussien ne le remplace pour leur enseigner l’allemand : nous sommes en 1871 et la France, vaincue, a abandonné l’Alsace et la Lorraine à l’empereur Guillaume. « Alors, d’une chose à l’autre, M. Hamel se mit à nous parler de la langue française, disant que c’était la plus belle langue du monde, la plus claire, la plus solide ; qu’il fallait la garder entre nous et ne jamais l’oublier, parce que, quand un peuple tombe esclave, tant qu’il tient bien sa langue, c’est comme s’il tenait la clef de sa prison… » Comment ne pas trouver à ses mots une troublante résonance au moment où le chef de l’État s’accordait, à Lisbonne, avec ses partenaires européens sur un traité “simplifié” qui comptera plus de 3 000 pages (!) et reprend l’essentiel du projet de Constitution rejeté par les Français ? « La France ne peut se retrouver aujourd’hui que par et dans le français », écrivait l’an dernier Paul-Marie Coûteaux, pressentant cet ultime abandon de souveraineté (Être et parler français, Perrin). Oui, cultivons cet amour du français, transmettons à nos enfants ce fragile héritage dont on menace aussi de nous déposséder : c’est, comme l’écrivaient Daudet et Mistral avant lui, « la clef qui, de (nos) chaînes », pourra nous délivrer."

18.10.2007

Contre-sommet à Lisbonne pour le respect du Non

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 Patrick Louis, député au Parlement européen se rendra à Lisbonne jeudi 18 et vendredi 19 où il représentera le Mouvement Pour la France de Philippe de Villiers, à l'occasion du Conseil européen informel qui doit approuver le nouveau traité. Opposant résolu à ce qu'il appelle une "honteuse opération de recyclage de la Constitution européenne rejetée en 2005 par le peuple français", Patrick Louis entend porter "la voix des quelques 16 millions d'électeurs qui ont dit "non" et plus généralement de tous ceux qui refusent ce piétinement du suffrage universel". Accompagné de Christophe Beaudouin, directeur de "l'Observatoire de l'Europe après le Non" (think-tank altereuropéen), Patrick Louis participera à un "Contre-sommet pour le respect du résultat du référendum" qu'organise son groupe parlementaire (Indépendance et Démocratie) en marge de la réunion du Conseil, avant de s'y rendre pour interpeller le ministre français. Tout au long de ces deux journées et avec tous les altereuropéens présents, ils réagiront au déroulement des évènements de Lisbonne, en publiant informations, photos, anecdotes et commentaires sur le présent site www.observatoiredeleurope.com

23.09.2007

Sébastien Chabal défend la francophonie


20.04.2007

Philippe de Villiers : "La France que j'aime"

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La nation des grands sursauts

La France que j’aime, c’est cette nation unique au monde, héritière d’une histoire millénaire et capable, lorsqu’elle est unie, des plus grands sursauts.
C’est la France du travail, des artisans, des commerçants, de tous ces petits entrepreneurs qui gagnent leur pain à la sueur de leur front ; c’est la France qui entreprend, en dépit des pressions fiscales et administratives ; c’est la France qui se lève tôt le matin, ne compte pas ses heures et refuse de plier l’échine devant les féodalités syndicales qui bloquent les réformes. C’est la France des PME qui refusent la logique mortifère des grands groupes du Cac 40 qui délocalisent pour accroître leurs profits.
La France que j’aime, c’est la France qui dit “oui” à la vie, c’est celle des familles qui transmettent à leurs enfants les repères civiques et moraux sans lesquels toute société dépérit. C’est la France des professeurs qui veulent que l’école redevienne un ascenseur social en permettant à tous les petits Français de gravir les échelons selon leur mérite et leurs efforts.
La France que j’aime, c’est la France de Molière et de toutes ces grandes œuvres qui font partie de notre identité nationale mais qui se voient remises en questions au sein de nos écoles par des jeunes qui se considèrent musulmans plutôt que français. La France que j’aime, c’est cette France qui ne craint pas de s’affirmer face au communautarisme ; c’est la France qui accueille avec bienveillance celui qui veut devenir français pourvu qu’il fasse sien notre mode de vie, et qu’il se soumette à l’autorité des lois de la République.
La France que j’aime, c’est la France de ces paysans producteurs, responsables de la qualité de leurs produits et de ce petit morceau de territoire qu’ils mettent en valeur et qui veulent être des entrepreneurs à part entière. C’est la France des territoires ruraux et de leurs modes de vie ; la France des 30 000 petites communes rurales qui ne veulent pas mourir.
La France que j’aime, c’est la France qui sait qu’elle est, par son histoire, une nation mondiale et qui ne se replie pas dans le réduit européen ; c’est la France qui, consciente de sa vocation séculaire, s’ouvre au monde par sa diplomatie et se projette sur tous les continents grâce à ses armées. C’est la France qui agit sur les causes de l’émigration en mettant en œuvre une grande politique de codéveloppement avec les pays pauvres.

Cette France a toujours su se ressaisir et s’unir face aux dangers qui la menaçaient. Au bord de l’abîme, elle retrouve aujourd’hui le patriotisme populaire qui lui a cruellement fait défaut. Cette France-là, c’est la France du bon sens. Elle est majoritaire aujourd’hui. C’est ma France.

source : Valeurs Actuelles

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