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12.01.2008
Le traité constitutionnel ressuscite, les demandes de référendum s'amplifient
Instruits par la douloureuse expérience démocratique de 2005, les promoteurs de la Constitution européenne devenue traité de Lisbonne ont compris que lorsque leur entreprise d'intégration supranationale avançait au grand jour, elle ne passait pas l'épreuve du suffrage universel. Cette fois donc, toutes les précautions ont été prises. Il faut que l'on n'y comprenne rien et qu'il n'y ait pas le plus petit espace de débat sur le traité, ce qui suppose un texte illisible qui soit ratifié le plus rapidement possible. Au moment où les Vingt-sept viennent de signer solennellement le traité, la voix des pro-référendum se fait de plus en plus bruyante...
L'objectif est d'essouffler les opposants à l'intégration, mais aussi les Etats-membres éventuellement réticents et d'une manière générale les opinions publiques. On leur a donc imposé un calendrier infernal. Entre l'approbation fin juin du projet rédigé par la présidence allemande et l'accord définitif des Vingt-Sept le 19 octobre dernier à Lisbonne, il ne se sera écoulé que quatre mois, dont la période estivale. A titre de comparaison, entre le mandat du Conseil européen de 2001 et la signature du projet de traité constitutionnel, il s'était écoulé deux ans et demi... Comment les Vingt-Sept ont-ils pu diviser par presque huit, le temps nécessaire à négocier, rédiger et approuver un traité d'une telle importance ? Tout simplement en reprenant le texte rejeté il y a deux ans, en l'éclatant dans les traités existants et en prétendant que ceci n'est pas le texte de la Constitution européenne. Un peu comme le peintre surréaliste Magritte écrivant, au bas de sa toile représentant une pipe : "ceci n'est pas une pipe". Le traité de Lisbonne, c'est Magritte appliqué à l'intégration européenne.
Outre la précipitation, il fallait rendre le texte illisible pour camoufler au maximum l'opération et gagner encore du temps. Les habiles juristes de Bruxelles ont alors eu l'idée de démonter les 448 articles de la Constitution européenne, de les intégrer un par un dans les dispositions les deux principaux traités actuels, et de redémonter le tout pour parvenir à ces 285 pages du traité de Lisbonne, qui s'ajouteront aux 2800 pages des 17 traités européens déjà en vigueur. Le titre de "Constitution" et les symboles n'y sont plus mentionnés et voilà la marchandise qui avait été refusée en 2005, remballée presque ni vue ni connue. Certains vont jusqu'à justifier la méthode, comme l'ancien Président du Conseil Italien, Giuliano Amato : "Ils ont décidé que le document devrait être illisible. S'il est illisible, c'est qu'il n'est pas constitutionnel ; c'était là l'idée... Si vous parvenez à comprendre le texte au premier abord on risquerait des appels à référendum, parce que cela signifierait qu'il y a quelque chose de nouveau" (Londres, Center for European Reform, 12 juillet 2007).
Selon le Président Sarkozy, le "non" l'emporterait partout...
11:30 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, sarkozy, politique, ump, mpf, dictature, gauche






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